4 résistants au panthéon

Je fais une petite parenthèse qui n’a rien à voir avec la littérature, la musique ou le cinéma pour vous parler de la cérémonie d’entrer au Panthéon de quatre résistants. Les quatre nouveaux panthéonisés sont : Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay. Je ne pourrais pas regarder la cérémonie en direct, je serai au travail, je ne manquerai pas de la regarder plus tard. En tant qu’ancienne étudiante en histoire, l’entrée de ces quatre figures de la Résistance au Panthéon est un moment important. Au cœur de la période la plus sombre de notre histoire, ces gens ont contribué à faire vivre l’espoir.

  • Pierre Brossolette (1903-1944), ce journaliste pour la presse écrite et la radio. Il entre rapidement dans la Résistance en juin 1940, il est membre du réseau du groupe du musée de l’homme. Il écrit le premier numéro du journal de la Résistance, il participe à la création de différents groupe de résistance (libération-nord, organisation civile et militaire). Le régime de Vichy, lui interdit d’enseigner, avec sa femme il rachète une librairie russe. Cet endroit devient le lieu de passage de tous les messagers de la Résistance.  En 1942, il est victime de deux perquisitions à son domicile qui le contrai  à vendre la librairie et fait passer sa famille en zone libre. En Avril 1942, il fait de la Résistance son activité principale. Il est arrêté en Février 1944 lors d’un contrôle routier et conduit à la kommandantur de Rennes. Il est torturé pendant deux jours, il se suicide en sautant du balcon du quatrième étage sans avoir parlé.
  • Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002), elle est la nièce du Général de Gaulle.  Elle rentre très tôt dans la Résistance en Juin 1940, elle est aussi membre du groupe du musée de l’homme. Elle est arrêter en 1943 après avoir été dénoncée, elle est d’abord incarcéré à la prison de Fresnes puis déportée au camp de concentration de Ravensbruck où elle rencontre Germaine Tillion. En Octobre 1944, elle est placée à l’isolement à fin de servir de monnaie d’échange. Elle est libérée le 25 Avril 1945 avec ses autres camarades de déportation par l’Armée Rouge.
  • Germaine Tillion (1907-2008), elle entre en résistance en Juillet 1940, elle fut un temps proche du groupe du musée de l’homme. Elle rencontre Boris Vildé puis Anatole Lewitsky, un groupe de résistant se forme autour de Boris Vildé. Le groupe doit aider les prisonniers de guerre africains, il a aussi des activités de renseignement et la propagande avec le journal Résistance. Germaine est l’adjointe de Boris Vildé, elle gère l’Union Nationale des Combattants Coloniaux qui sert de couverture à l’activité de résistance. Son réseau est démantelé en 1941 avec l’arrestation de Boris Vildé, Germaine prend en charge le reste du réseau. Elle est amie avec Lecomte-Boinet qui lui fait intégrer le groupe Combat Zone Nord, elle entre en contact avec un autre résistant chef du réseau Gloria. Ce réseau est pénétré par un espion allemand qui fournit tous les résistants. Germaine est arrêtée le 13 Août 1942 lors d’un rendez-vous à la gare de Lyon. Germaine Tillion est d’abord incarcérée à la prison de la Santé puis à Fresnes. Le 21 Octobre 1943, elle est déportée au camp de Ravensbruck. An Avril 1945, elle fait partie du deuxième voyage de prisonnier autoriser à rejoindre la Norvège avec l’aide de la Croix-Rouge.
  • Jean Zay (1904-1944), est avocat de formation mais il est plus connu pour sa carrière politique et l’exercice de fonction ministériel. Il fut sous secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil, ministre de l’éducation nationale et des beaux-arts (1936-1939), député du Loiret et conseiller général du canton d’Orléans-Nord-Est. Il démissionne de son poste de ministre en Septembre 1939 pour s’engager dans l’armée. Le 21 Juin 1940 avec d’autre députés il embarque à bord du Massilia, arriver à Casablanca ils doivent attendre l’obtention de papier de la part des autorités britanniques. Le résident général, les consignent dans un grand hôtel. Il est arrêté pour désertion devant l’ennemi le 15 Août 1940 et renvoyer en métropole. Le 4 Octobre 1940, le tribunal militaire de Clermond-Ferrand, le condamne à la déportation à vie et à la dégradation militaire pour désertion en présence de l’ennemi. Le 7 Janvier 1941, il est incarcéré à la prison de Riom. Le 20 Juin 1944, trois miliciens viennent le chercher dans sa prison en se faisant passer pour des résistants, ils le tuent dans une clairière et cache son corps. Sa dépouille sera retrouvée par des chasseurs en 1946.
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Pierre Brossolette

Ministère de la culture et de la communication